Programme CréaJeunes de l’ADIE

par Patricia GRANGE-BOUÉ

Le programme CréaJeunes est un dispositif de l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique), qui est le premier opérateur de microcrédit en France. Lancé au départ, fin 2007, pour répondre à la forte volonté des jeunes des quartiers défavorisés de créer leur entreprise, ce programme est désormais ouvert à tous les jeunes de moins de 30 ans, qu’ils viennent de zones défavorisées ou pas.

CréaJeunes propose :

* Un accompagnement amont de 2 à 6 mois pour les aider à préparer leur projet, essentiellement mis en place par les bénévoles, avec l’appui de partenaires externes. Ce cycle comprend :
– des modules de formation collective : formation concrète et interactive centrée sur la prise de confiance et la connaissance pratique de l’entreprise ;
– un accompagnement individuel visant à accompagner les jeunes dans la préparation concrète du projet ;
– des actions de mise en réseau

* Un accompagnement post-création d’une durée moyenne de 18 mois

* La possibilité d’obtenir un financement :
– un minimum de 150 euros pour les dépenses liées à la préparation du projet
– une prime de 1000 euros minimum en complément d’un prêt Adie ou bancaire
– éventuellement un microcrédit, un prêt sur l’honneur ou une avance remboursable par l’État

CréaJeunes est mené conjointement dans plusieurs grandes agglomérations qui couvrent l’ensemble du territoire national : Saint-Denis, Toulouse, Marseille, Lille, Lyon, un site en Picardie et Bordeaux.

Esprit Métis a rencontré Léa MARCONNET, chargée d’accompagnement à Bordeaux, et Anita KOI, jeune entrepreneur CréaJeunes.

EM : Léa, pour quelles raison l’ADIE a-t-elle décidé d’implanter un pôle CréaJeunes à Bordeaux (Lormont) ?
LM :
Un diagnostic effectué sur la population de jeunes de moins de 30 ans a révélé qu’il existait à Bordeaux un foyer de jeunes en demande d’un tel dispositif (taux de chômage élevé et taux d’insertion faible) ainsi que des zones sensibles sur la CUB. Mais désormais CréaJeunes s’adresse à tous les jeunes de moins de 30 ans, même s’ils ne viennent pas des quartiers. Et nous travaillons également avec le réseau local et notamment avec les associations.
EM :
Depuis le lancement de CréaJeunes dans la région en mars 2008, combien de jeunes ont bénéficié de l’aide du dispositif ?
LM :
Nous avons réalisé 114 accompagnements auprès de jeunes dont le projet a été validé par CréaJeunes. Le taux de création d’entreprises proprement dit est de 50% (ce taux ne prend en compte que les créations viables 10 mois et plus après la sortie du dispositif).
Le nombre de candidatures reçues représente le double du nombre d’accompagnements. Cependant, nous n’opposons jamais une réponse négative définitive aux candidats. Nous les conseillons et les orientons. Nous pouvons par exemple les diriger vers nos ateliers « De l’idée au projet » si nous sentons qu’ils ne sont pas tout à fait prêts ; ou les orienter vers des partenaires pour des projets qui demandent des financements plus importants que ceux que l’ADIE peut prendre en charge.
EM :
À ce jour, quel est le bilan pour les entrepreneurs CréaJeunes ? Où en sont-ils ?
LM :
Tout d’abord, il n’y a eu aucune fermeture, ce qui est une bonne nouvelle. Globalement, ce sont les 6 premiers mois les plus durs. Principalement en raison de la recherche de local. Il faut trouver un local qui ne soit pas trop cher, qui ne demande pas trop de travaux et que se situe dans la zone ciblée.Ces premiers mois sont également difficiles au niveau financier car la plupart du temps, ils ne peuvent pas se verser de salaires et certains doivent avoir recours à un deuxième emploi. Enfin, ils ont également du mal à gérer leur temps, étant donné qu’ils sont seuls à assumer l’ensemble des fonctions de leur entreprise. Dans ces conditions, il n’est pas non plus évident de fournir un bon service clientèle et donc de fidéliser les clients.
Malgré tout, ils sont globalement satisfaits et très fiers. Fiers de pouvoir laisser quelque chose à leurs enfants. Fiers de prouver leurs capacités à leurs parents et à leurs anciens professeurs (qui leur promettaient le SMIC à vie).
EM :
Parlez-nous d’Anita KOI, jeune entrepreneur CréaJeunes et des raisons pour lesquelles son projet « Imani Beauty » a retenu l’attention du dispositif.
LM :
Anita KOI est une jeune maman d’origine béninoise qui vient d’une famille avec une vraie culture entrepreneuriale. En effet, ses grands-frères ont eux-mêmes créé leurs entreprises. Son projet de départ visait à créer un salon de beauté multiethnique. Ce projet nécessitant de nombreuses formations et des financements très importants, Anita a dû « faire le deuil » de son salon et « réduire » son projet. Elle est désormais Conseillère en Beauté à Domicile. Nous avons eu un véritable coup de cœur pour sa personnalité et son projet.

EM : Anita, comment avez-vous eu connaissance du dispositif CréaJeunes ?
AK :
Pour mon projet, j’avais besoin de financements et c’est mon assistante sociale qui m’a orientée vers l’ADIE. Il fallait que je fasse valider mon projet auprès d’eux, à travers le dispositif CréaJeunes, afin d’obtenir les financements nécessaires.
EM : Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce programme ?
AK :
Le fait que les formations se fassent en groupe, c’est très motivant. De plus, CréaJeunes m’a aidée à constituer mon dossier financier.
EM : Pouvez-vous nous présenter les activités de votre entreprise ?
AK :
Imani Beauty propose des prestations de relooking, personal shopper (accompagnement en boutiques), conseils en colorimétrie, gestion de garde-robe (association de vêtements). Je propose des prestations à la carte ou au forfait, ou même des soirées entre amis sur le modèle des soirées Tupperware. Cependant, je n’ai pas renoncé à mon projet de départ de Salon de Beauté Multiethnique, pour lequel je vais réunir petit à petit les fonds nécessaires.
EM : Quelles sont vos premières impressions de chef d’entreprise (date de création : 1er décembre 2009) ?
AK :
Globalement, ça se passe bien. La difficulté principale repose sur le fait qu’il s’agit d’une activité peu connue à Bordeaux. De plus, la plupart des gens pensent que les tarifs de ce genre de prestations doivent être exorbitants, ce qui n’est pas le cas. C’est difficile mais ce n’est que du positif.
Je m’accroche car je garde en ligne de mire la création de mon Salon de Beauté Multiethnique !
(Entretien réalisé en janvier 2010)

Informations sur l’ADIE et CréaJeunes :
Site Internet : www.adie.org
Blog : www.devienstonboss.skyrock.com

Pour contacter Léa Marconnet :
lmarconnet@adie.org

tél: 06 29 71 16 46

Pour bénéficier des services d’Anita KOI :
sena@live.fr

tél: 06 98 70 92 50

Sachez également que l’ADIE organise actuellement et jusqu’au mois de mars un concours pour les jeunes entrepreneurs avec 3000 euros et un ordinateur portable à gagner! http://devienstonboss.skyrock.com/2746778328-Lancement-du-jeu-concours-CreaJeunes.html

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