Point de vue : premier café signes bordelais

Par Siti-Anrafa SAID ALI

Tous les quatrièmes mardis du mois, un café signes sera proposé au Centre d’animation de Saint-Pierre. Le 22 octobre, c’était la soirée de lancement de ce projet inédit à Bordeaux.

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Sylvanie de Melting Signes

Faire un lieu de rencontre autour de la langue des signes : une idée de Barbara, animatrice au centre d’animation de Saint-Pierre. Un concept qu’elle avait connu à Lille et qu’elle souhaitait retrouver à Bordeaux. Le projet a pu voir le jour grâce à la mobilisation de trois associations : Melting Signes, Reg’Art et Main à Main. Un partenariat pour symboliser l’unité et la cohésion des acteurs travaillant à la promotion de la culture sourde à Bordeaux.

Un café signes c’est quoi ?

Échange et convivialité : c’est d’abord ça la marque de fabrique d’un café signes. Le public vient débattre sur des sujets de société en langue des signes. « Partout il y avait des cafés philosophiques, explique Stève de l’association Reg’Art. Il n’y en avait pas pour les sourds. Où est l’accessibilité ? »

Fort de ce constat, plusieurs grandes villes ont déjà mis en place ces lieux de discussions : c’est le cas de Toulouse, Paris, ou Lyon par exemple. Et maintenant c’est « enfin » au tour de Bordeaux, se réjouit Stève. Ici, on souhaite voir s’exprimer la diversité des opinions : art, politique, culture … chacun peut proposer un thème qu’il glisse dans une « boîte à idée ». Une initiative qui participe à redonner la parole citoyenne à des personnes qui n’ont pas toujours voix au chapitre. Pour autant, le risque n’est-il pas de s’enfermer dans une communauté ?

Table de discussions

Table de discussions

Un café réservé aux sourds ?

Le café signes est ouvert à tous les publics. Pour les organisateurs, c’est d’ailleurs un moyen de faire tomber les barrières entre sourds et entendants. Pour preuve : sur une vingtaine de personnes présentes, près de la moitié était entendante. Certains avaient suivi des formations, d’autres avaient appris à signer aux contacts de leurs amis sourds. Même si les niveaux étaient très hétérogènes, tous les participants avaient une base en LSF (langue des signes). Avoir un minimum de vocabulaire, c’est essentiel pour pouvoir suivre les conversations. Le principe est le même que pour les cafés polyglottes : on vient pour approfondir la connaissance qu’on a d’une langue en la pratiquant.

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Séb de Melting Signes

Pour les novices, il existe des organismes  (comme Visuel ou le Centre d’apprentissage de la Langue des Signes) qui proposent des stages et des formations tout au long de l’année. Ceux qui cherchent une solution alternative (et moins coûteuse) aux cours, peuvent se tourner vers Melting Signes. Une fois par mois, l’association organise le » 4h/4 mains ». Ce moment de partage autour de la communication non verbale est un bon moyen d’appréhender la culture sourde et de s’initier à la langue des signes.

Pour plus d’informations rendez-vous sur le site de Melting Signes :

http://www.meltingsignes.fr/

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